« Le tourisme de demain : résilient, bienveillant et bas carbone »
« Une participation à la restauration de la biodiversité »
« Un tourisme qui contribue à la lutte contre les changements climatiques »
« Un outil pour faire évoluer durablement les mentalités »

Gilles Honyiglo nous parle du développement du tourisme à vélo en Tarentaise Vanoise

Tourisme à vélo en Tarentaise Vanoise

Gilles Honyiglo, chargé de mission Tourisme Estival à l’Assemblée du Pays Tarentaise Vanoise (APTV), nous parle du développement du tourisme à vélo sur son territoire : la Tarentaise Vanoise.  L’APTV a notamment lancé cet été 2020, 31 parcours VAE qui couvrent l’ensemble du territoire Tarentaise – Vanoise.

 

En quelques mots, pouvez-vous nous présenter votre territoire et son positionnement touristique ?

Notre territoire est celui de la Tarentaise Vanoise qui comprend 30 communes situées entre 400m et 3800m d’altitude. Son économie repose fortement sur l’activité liée aux sports d’hiver avec deux très gros domaines skiables : Paradiski (Les Arcs, Peisey-Vallandry, La Plagne) et Les 3 Vallées (le plus grand domaine skiable du monde avec Val Thorens, Les Menuires, Méribel, Courchevel…) ainsi que de grandes stations internationales (Tignes, Val d’Isère). En 2017, on dénombrait 400 000 lits touristiques en Tarentaise pour « seulement » 51 000 habitants ; on comprend inévitablement que le poids du tourisme ici est vraiment conséquent.

Le tourisme hivernal reste certes la grosse locomotive, néanmoins, le tourisme estival tire aussi son épingle du jeu avec une offre de qualité qui compile de nombreuses activités : de la baignade, de la randonnée pédestre, de la via ferrata, du VTT, du cyclo avec les grands cols, de l’escalade… Le thermalisme est également notable.

 

Comment qualifieriez-vous votre offre cyclotourisme actuelle ? Quels sont vos points forts ?

Notre qualité première ce sont nos cols emblématiques qui sont très appréciés des grimpeurs : cols de la Madeleine, de l’Iseran, du Petit St Bernard, du Cormet de Roselend. Le Tour de France, le Tour de l’Avenir et le Critérium du Dauphiné passent régulièrement dans notre région ce qui nous permet de bénéficier d’une belle visibilité. Le département a aussi balisé certaines boucles cyclo sur le territoire.

La Tarentaise Vanoise est très adaptée pour une clientèle sportive en recherche de dénivelé et d’altitude. Mais le bât blesse sur la clientèle famille en recherche d’une pratique plus facile.

En fond de vallée, il n’est pas évident de concevoir des itinéraires : la rivière de l’Isère passe, ou bien il y a la route fortement empruntée et la voie ferrée. Une voie verte entre Aime et Bourg-Saint-Maurice d’une longueur de 15km est développée, il y a même actuellement des travaux pour prolonger en direction de Villaroger.

On peut mentionner aussi la pratique du VTT de descente dans les grandes stations, la présence de bike park, et la pratique de VTT type crosscountry ou enduro.

Développement tourisme à vélo Tarentaise Vanoise

Afin de diversifier l’offre vélo et faciliter l’accès au territoire, 31 itinéraires de Vélo à Assistance Electrique de niveau très facile à difficile ont été créés en été 2020. Ces circuits sont répartis en majorité sur des routes secondaires à faible trafic et des routes carrossables larges. L’objectif étant de favoriser la découverte du patrimoine bâti, naturel et des paysages.

 

Quels sont les différents profils de clientèles qui viennent faire du vélo sur votre territoire ?

Pour l’instant, la clientèle est très majoritairement sportive, en recherche de cols à gravir et de bike parks. La clientèle familiale est plus difficile à saisir. Mais, comme évoqué précédemment, le déploiement du Vélo à Assistance Electrique tend à attirer une clientèle plus large.

 

Constatez-vous d’éventuelles dérives liées à la pratique touristique du vélo sur votre territoire ?

Si on se penche plus particulièrement sur les circuits VAE, il faudra être vigilants sur plusieurs points. A proximité des alpages, les cyclistes devront se méfier des patous. Également, lors du passage sur certains GR, la vigilance est de mise pour respecter les piétons.

Mixité d'usage vélo tourisme espace naturelCertaines zones déjà très fréquentées, car facilement accessibles et touristiques, comme le Monal, sont à surveiller, ceci est bien indiqué sur les topoguides relatifs aux parcours. Cependant, le cycliste en VAE est lui aussi dans une logique de contemplation, plutôt que sportive donc on suppose que la cohabitation sera clémente.

Dans certains villages, hameaux, il sera aussi permis de laisser son vélo sur les racks à vélo et de faire la visite à pied. En Tarentaise Vanoise, plusieurs sites sont protégés comme le lac de l’Arpettaz (Natura 2000) ou le Parc National de la Vanoise et le vélo y est interdit, mais ces lieux deviennent plus accessibles qu’avec un vélo musculaire. Des panneaux informatifs encouragent donc à déposer le vélo ou faire demi-tour.

Enfin, un travail est en cours avec le département de la Savoie sur une charte de cohabitation multipratiques (VTT, VTTAE, pédestre) dont l’objectif est de sensibiliser piétons et cyclistes à partager la piste et faire attention.

 

Au vu des grands enjeux actuels de l’industrie touristique tels que le réchauffement climatique, la saisonnalité, la crise sanitaire… quelles sont vos grandes orientations pour développer le tourisme à vélo dans les années à venir ? Des objectifs de diversification ?

Dans le cadre du plan vélo de l’Etat lancé à la sortie du confinement, le département de la Savoie a d’abord lancé un appel à projet pour le développement d’itinéraires cyclables en mai, puis un second dont les candidatures sont attendues jusqu’au mois d’octobre. Deux Communautés de Communes du territoire ont déjà répondu à l’appel à projet pour créer des itinéraires cyclables en fond de vallées dont on parlait précédemment.

 

Le développement des mobilités douces fait-il partie de vos stratégies prioritaires  ?

piste cyclable mobilité douce véloToujours en lien avec ce projet d’aménager le fond de vallée, les Communautés de Communes se sont mises autour de la table en 2018 avec pour volonté de créer un itinéraire cyclable sécurisé et accessible entre Aigueblanche et Val d’Isère, qui longe l’Isère. Chaque Communauté de Commune gère le parcours sur son territoire. Justement la Haute-Tarentaise allonge la portion Aime – Bourg Saint Maurice jusqu’à Villaroger. Cœur de Tarentaise a lancé l’étude de faisabilité en 2019 avec des aménagements prévus entre 2022 – 2024. La Vallée d’Aigueblanche a lancé son projet en 2019 et Les Versants d’Aime en septembre 2020.  Mais notre gros point noir, c’est d’être très contraint au niveau de la topographie. Les aménagements sont techniques et coûtent vite très cher.

Nous sommes bien desservis par le TER et le TGV jusqu’à Bourg-Saint-Maurice avec l’option de compartiments vélos. Des navettes offrent la possibilité d’accrocher les vélos pour monter au col du petit St Bernard. Le funiculaire de Bourg-Saint-Maurice accepte les vélos jusqu’aux Arcs. En termes d’intermodalité, même si on peut toujours faire mieux, il y a des efforts de faits.

Concernant les services, on compte 25 à 30 loueurs de vélos et plus d’une quinzaine d’acteurs touristiques labellisés Accueil Vélo. Nous nous interrogeons actuellement aussi sur l’ajout des bornes de recharges et de racks à vélo pour les VAE à divers points stratégiques.

 

Votre offre cyclotourisme contribue-t-elle au développement local de votre territoire ?

Oui, le vélo implique forcément des retombées économiques directes et indirectes en Tarentaise Vanoise.

C’est un mode de transport parfaitement adapté au slow tourisme : on peut venir en transports en commun, s’arrêter où on veut, prendre un café, déambuler dans les villages…

 

La crise sanitaire liée à la COVID-19 a rebattu les cartes du tourisme estival, diriez-vous que le cyclotourisme fait partie des grands gagnants de cet été 2020 ?

Je pense que c’est un peu trop tôt pour tirer des conclusions. Toutefois, ici en Tarentaise, nous dépendons d’une grosse clientèle cyclo étrangère en provenance du BENELUX, du Royaume-Uni et d’Allemagne et ils ne sont pas forcément là cette année à cause des restrictions.

Pour ceux qui avaient prévu de venir en fin d’été, c’est également incertain avec une potentielle reprise de l’épidémie du Covid-19. Les Anglais par exemple ont dû remettre en place une quatorzaine ce qui n’encourage pas leur venue. Mais la clientèle est globalement plus française, voire locale, ce qui devrait se ressentir sur le vélo.

 


Note : Atemia et l’APTV ont collaboré pour la mise en place des 31 parcours VAE, plus d’informations ici.

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