« Le tourisme de demain : résilient, bienveillant et bas carbone »
« Une participation à la restauration de la biodiversité »
« Un tourisme qui contribue à la lutte contre les changements climatiques »
« Un outil pour faire évoluer durablement les mentalités »

[Dossier] Tourisme et vélo – Eté 2020

VTT assistance électrique montagne

Il est un sujet qui est tout à fait d’actualité en cet été 2020 : le vélo ! Coup d’œil d’abord sur l’économie du vélo en France avant de faire un point sur la pratique cyclotouristique et ses grandes tendances.

L’économie du vélo en France en 2020

L’ADEME et la Direction Générale des Entreprises (DGE) ont publié en avril 2020 un dossier sur l’impact économique et le potentiel de développement des usages du vélo en France. Les conclusions sont bien éloignées de celles de l’étude précédente menée en 2009, alors qu’il était encore à peine question du vélo en libre-service type Vélib’ à Paris ou Vélov’ à Lyon ! Le constat est évident, on note une forte évolution de la pratique du vélo ces dix dernières années, qu’elle soit urbaine, sportive, touristique ou de loisirs. Le développement s’est particulièrement ressenti dans le centre des grandes villes de France avec des aménagements importants :  +30% à Paris entre 2010 et 2018, +10% chaque année à Lyon, +50% à Bordeaux entre 2015 et 2019, ce qui favorise notamment les déplacements domicile-travail.

Parmi les grandes nouveautés de ces 10 dernières années, le Vélo à Assistance Electrique (VAE) qui réalise des résultats probants. Quasiment inconnu il y a 10 ans, les ventes de VAE ont doublé en 2017 ; un point spécifique sera d’ailleurs abordé dans cet article. On observe une vraie croissance du marché du vélo en valeur, c’est-à-dire une hausse du chiffre d’affaires des ventes de vélo de +51% en 10 ans (notamment grâce à la croissance du VAE) et, bonne nouvelle, une hausse des fabrications françaises avec +57% en 10 ans.

 

développement du vélo pendulaire et tourisme

Côté collectivités, on retient une augmentation considérable des investissements tant en milieu urbain que sur les véloroutes et voies vertes (+40% en 10 ans pour atteindre 468 millions d’euros). Ces éléments sont très encourageants mais des efforts sont encore nécessaires pour rejoindre le niveau de nos voisins européens : la pratique quotidienne du vélo en France est de 5%, largement inférieure à celles de l’Italie (13%), la Suède (19%) ou les Pays-Bas (43%).

 

Aussi, la fracture territoriale est-elle importante ; certes, on constate une augmentation dans les centre-villes mais pour autant une baisse en périphérie et dans les secteurs ruraux ainsi que chez les enfants et les jeunes comme nous le présente l’infographie issue de ce même rapport.

 

Une situation conjoncturelle qui favorise une pratique renforcée du vélo ?

2020, c’est aussi : les grèves des transports de la SNCF et de la RATP pendant plusieurs mois d’hiver, 8 semaines de confinement, reprise au compte-goutte de l’activité du pays… soit d’autant plus de facteurs qui ont poussé les Français à (re)prendre leur vélo. Sur la seule ville de Paris, le déplacement domicile-travail à vélo (ou vélotaf) a triplé. Post-confinement, les passages à vélo sur le territoire français ont augmenté de 44% en comparaison avec l’avant-confinement et de 11% par rapport à la même période l’année précédente (chiffres issus de 182 compteurs nationaux).

 

piste cyclable mobilité douce vélo

Le gouvernement est également sur le coup pour favoriser le développement de ce transport doux :

  • En 2018, mise en place du « plan vélo » qui vise à tripler la part du vélo dans les déplacements d’ici 2024.
  • En 2019, intégration d’un large volet vélo dans la Loi d’Orientation sur les Mobilités.
  • En mai 2020, le ministère de la Transition Ecologique et Solidaire investit plus de 20 millions d’€ pour favoriser la pratique du vélo en France : accélération de la mise en place du forfait mobilités durables pour les entreprises (jusqu’à 400€), coup de pouce pour faire réparer son vélo, pour apprendre à circuler en sécurité, pour stationner son vélo…

Tout ceci sans compter les aménagements de nombreuses pistes cyclables temporaires dans les communes.

 

Et le tourisme dans tout ça ?

Le tourisme à vélo est l’une des filières les plus dynamiques du paysage touristique français. Quelques chiffres, toujours issus de l’étude de l’ADEME et de la DGE, nous confirment ce fait :

  • La France se place comme seconde destination européenne du tourisme à vélo juste derrière l’Allemagne.
  • 40% soit 22 millions des Français de plus de 15 ans pratiquent le vélo pendant leurs vacances avec une pratique majoritairement occasionnelle.
  • La croissance des retombées économiques liées au tourisme à vélo est notable : +46% en 10 ans, estimée à +4,6 milliards d’€.
  • Le tourisme à vélo est générateur de nombreuses retombées indirectes : utilisation plus fréquente du train ou faible impact environnemental par exemple.
  • 90 millions de nuitées par an sont comptabilisées avec des durées plus longues que la moyenne (8,9 nuitées contre 5,3 en moyenne).
  • Le pouvoir d’achat des cyclotouristes est sensiblement plus élevé (68€/jour contrairement à 55€/jour pour les autres clientèles touristiques).
  • Le vélo, quelle utilisation ?
    • 74% pour la balade de loisirs
    • 43% pour se déplacer
    • 20% pour du tourisme urbain
    • 12% pour l’activité cyclosportive ou VTT
    • 5% pour la pratique itinérante et cyclotouristique.
  • Les clientèles sont principalement des familles (47%), des couples (30%), des amis (22%), une personne seule (13%), un groupe organisé (2%).
  • 50% des cyclistes parcourant les véloroutes et voies vertes sont des touristes dont 20% d’étrangers.
  • C’est un tourisme de proximité ! 50% des touristes à vélo ont leur résidence principale à moins de 200 km. Les Français font du vélo principalement en France (seulement 7% le pratique à l’étranger).

 

tourisme velo littoral mobilité douce

Petit bémol cependant, la pratique est encore très marquée par la saisonnalité estivale (50% du total des séjours de l’année et 60% des nuitées) et sensiblement axée sur le littoral (38% des séjours en bord de mer puis 25% en campagne, 11% en ville et enfin 7% en montagne).

 

Comment parler de tourisme à vélo sans mentionner le réseau Accueil vélo et le site France Vélo Tourisme ? Le Label Accueil vélo est un gage de qualité pour tous les cyclotouristes car il s’appuie sur un important réseau d’opérateurs touristiques (hébergeurs, restaurateurs, loueurs, réparateurs, offices de tourisme, gestionnaires de sites touristiques)…soit plus de 4 000 membres, tous engagés à améliorer l’accueil réservé à la clientèle cyclotouristique. Les clientèles cyclotouristiques sont exigeantes avec des besoins particuliers et un accueil spécifique. Chaque membre du réseau propose alors sa bonne connaissance du territoire et divers services (local à vélo sécurisé, kit de réparation, buanderie, points d’eau, transports de bagages,  buanderie…). Le réseau Accueil Vélo est géré par France Vélo Tourisme, une association engagée dans la promotion du tourisme à vélo.

 

Focus sur deux grandes tendances touristiques: le VAE et l’itinérance à vélo

Les pratiques touristiques du vélo sont nombreuses, nous avons fait le choix de présenter plus en détail deux pratiques qui ont le vent en poupe.

 

Le Vélo à Assistance Electrique

VTT assistance électrique montagne

L’arrivée du VAE a complètement bousculé la pratique du vélo. On remarque des changements majeurs des typologies d’usagers, des distances parcourues, des lieux de pratique… En 2017, les ventes de VAE en comparaison avec celles d’une dizaine d’années plus tôt ont doublé ; en 2019, ce sont 388 100 VAE qui ont été vendus ce qui représente tout de même 45% du chiffre d’affaires global des ventes de cycles. Nul doute que l’opportunité est à saisir pour les territoires, encore plus pour les espaces montagnards dont les distances et les dénivelés sont importants.

 

Quels usages du VAE :

  • Celui-ci est plus élevé parmi les cyclistes loisirs et les utilitaires et plus faible parmi les cyclistes itinérants et sportif.
  • On note une utilisation légèrement supérieure par les femmes que par les hommes.
  • Il est utilisé principalement par les +65 ans (18%) puis par les plus jeunes >25 ans (6,5%) et seulement 4% par les 25 – 45 ans.
  • Pour la pratique loisirs et utilitaire, la distance parcourue est plus longue qu’avec un vélo musculaire (somme toute assez logique).

 

Quelle pratique en montagne par exemple :

  • Plutôt des itinéraires faciles et courts autour de 2h à 4h.Vélo assistance électrique tourisme montagne
  • Les débutants plutôt en faveur de parcours de 20-25 km avec 500D+ maximum.
  • Pour les plus sportifs, des itinéraires de 40-45 km avec 1000D+ maximum.
  • Une préférence pour les circuits en boucles sur des itinéraires sécurisés type voie verte ou réseau secondaire peu roulant.

 

Quels besoins et attentes des clientèles :

  • Être rassuré sur l’autonomie de la batterie : l’autonomie selon la pratique et le temps de recharge doit être bien anticipée.
  • Être pris en charge en cas de problème technique : panne de batterie, crevaison.
  • Être accompagné dans la prise en main du vélo : le poids du vélo et de son chargeur est important, gérer la vitesse, le stationnement est prévu dans un rack spécifique etc.

 

Mais encore quelques freins… :

  • Le prix : le tarif de location ou d’achat est (bien) plus élevé.
  • La prise en main et l’apprentissage du pilotage rebutent certains visiteurs.
  • La peur de la gestion de la descente voire de la chute.
  • L’angoisse de ne pas trouver les services nécessaires au bon déroulement du parcours : rack à vélo, bornes de rechargement, espaces de réparation.

 

L’itinérance à vélo

Cette pratique est encore minoritaire en France mais en fort développement. Le contre-coup du confinement laisse à penser que les vacanciers auront envie de grands espaces, de rencontres, de diversité de paysages… Des envies propices à l’itinérance.

D’ailleurs l’itinérance, qu’est-ce que c’est ? D’après Muriel Faure (DG de la Grande Traversée des Alpes- Move Your Alps), c’est « un déplacement d’au moins deux nuits passées dans deux hébergements différents […]. C’est se déplacer, aller d’un village à l’autre, sur un ou des itinéraires bien dessinés, en bénéficiant le soir à l’étape d’un hébergement confortable et d’un accueil adapté ».

Un potentiel économique intéressant :

itinérance vélo tourisme

Bien que difficile à mettre en place car l’articulation de tous les services à l’échelle de plusieurs territoires est complexe, le tourisme itinérant est une chance pour les territoires en termes de croissance et d’attractivité. Sa saisonnalité s’axe principalement sur les ailes de saisons pour profiter des températures agréables et d’une affluence moindre, et attire beaucoup d’étrangers en provenance d’Europe. Leur choix d’hébergements est principalement marchand avec une offre conséquente en services et ils possèdent un fort pouvoir d’achat (75€/jour pour un itinérant contre 60€ pour un cycliste en séjour). Bien sûr, cela n’exclut pas des pratiques beaucoup plus minimalistes avec nuitée en bivouac et restauration sur le pouce.

La France a du potentiel pour le développement de l’itinérance vélo, car le maillage bien pensé de véloroutes et voies vertes séduit ces clientèles. 10 à 20% de ces aménagements sont utilisés pour de l’itinérance.

 

Quelle durée :

  • 65% des séjours font moins de 10 jours.
  • 2 produits sont phares : le séjour de 7 jours et celui de 10 jours (1 semaine + 2 week-ends).
  • Grosso modo, les voyages itinérants se répartissent en trois tiers : un tiers de moins de 5 jours, un tiers de 5 à 10 jours, un tiers de plus de 10 jours.
  • En moyenne, l’itinérant réalise 65km par jour avec une distance moyenne sur 7 jours de 430km.
  • Plus la durée du séjour est longue, plus la distance moyenne parcourue par jour diminue (les itinérants favorisent une pause d’une journée complète ou pédalent un peu moins de km par jour).
  • Pour un séjour en itinérance court (1-3 jours) : la zone de chalandise est d’environ 154km.
  • Pour un séjour en itinérance de 7 jours, la zone de chalandise est de moins de 500km.

 

Quelle clientèle :

  • Plutôt quinquagénaire composée de cadres et de professions intermédiaire.
  • On note une majorité d’hommes.
  • C’est une pratique souvent à plusieurs : 37% sont en couple, 24% sont des familles malgré la complexité de la logistique avec les enfants…
  • … mais qui n’exclut pas cependant une pratique en solo.

 

Quel hébergement :

  • 89% choisissent un hébergement marchand (part plus élevée que la moyenne des touristes à vélo).
  • Principalement en camping, puis en hôtel (3 à 4* en demi-pension) et chambre d’hôte et enfin en gîte et meublé.

 

Le tourisme à vélo est certes un vaste sujet, mais avec des opportunités pour les territoires qui sont bien réelles et en faveur de la transition écologique et touristique. L’impact environnemental de cette pratique est faible et la consommation des visiteurs reste bien ancrée localement. Le pouvoir d’achat intéressant des cyclotouristes, ainsi que la durée plus longue que la moyenne de leur séjour génèrent des retombées économiques directes et indirectes sur les territoires traversés. Quant aux bienfaits pour les visiteurs ils sont nombreux : aventure, voyage, rupture, air libre… et c’est bon pour la santé !

Alors, peut-on imaginer que le cyclotourisme devienne la grande tendance touristique de l’été 2020 ? Rendez-vous fin septembre avec quelques territoires pour faire le point sur la réalité.

 


Sources :

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